Les whiskies Giraud, une marque française à la conquête du monde

La cote de cette marque française de whisky haut de gamme ne cesse de grimper, tout comme sa production. Retour sur une success story née aux Etats-Unis.
Philippe Giraud en est convaincu : «Il y a des opportunités pour le whisky français haut de gamme». L’homme connaît bien le monde du luxe. S’il a commencé sa carrière avec la distribution de vin et spiritueux sur le continent américain, il a développé son affaire avec les meilleurs parfums et cosmétiques français. En 2012, il décide de lancer sa propre marque de whisky made in France : «nous avons commencé par acheter des distillats. Depuis, nous avons intégré tous les niveaux de la chaîne. Nous avons noué des partenariats avec des céréaliers, nous avons construit la malterie des Hautes Vosges. Notre orge malté part à Cognac dans les distilleries de la famille Neau…». Aujourd’hui, Giraud propose surtout des double et triple malts (assemblages de jus issus de deux ou trois distilleries).

Un vieillissement dans 14 types de fûts

Sa gamme est resserrée autour de quelques flacons, dont Héritage, un triple malt élevé en fût de cognac pour un whisky mordant à souhait. Voyage, quant à lui, est un double malt qui a reposé en barrique de robinier, un bois parfois considéré comme trop aromatique. Ici, on en modère l’effet par un passage en fût de Sauternes, avant un finish en tonneau de cognac XO. Horizon est le premier single malt vieilli dans 14 types de fûts différents, du pineau des Charentes au vin de Bordeaux, un jus complexe mais équilibré, d’une grande buvabilité. Voici des flacons dont les tarifs oscillent entre 150 et 400 €. Il y a encore Odyssée, un jus enveloppant, long en bouche, passé dans des barriques de très vieux cognac, une édition limitée à 459 bouteilles, au prix de 3 000 €.

La production est réduite à 30 000 bouteilles. «Mais nous la doublons chaque année, reprend Philippe Giraud. Je ne suis pas pressé. Je sais que la patience paie et que le bluff finit toujours par vous rattraper». Il ne triche pas, il attend. «En ce moment, le whisky représente 1 % de nos affaires et 99 % de notre temps. Et l’affaire n’est toujours pas rentable. Heureusement, nos autres activités nous permettent de le financer». Les différents investissements ont déjà coûté 20 millions d’euros. L’entrepreneur est sûr de son coup. «Dans dix ans, il va y avoir de belles opportunités». Il se dit pourtant qu’ailleurs, au Japon et en Écosse par exemple, d’autres maisons récemment créées, attirées par le filon, font, elles aussi, vieillir leurs eaux-de-vie. La concurrence risque d’être rude. Giraud devrait déjà pouvoir compter sur notre marché national où le whisky français est une vraie catégorie à part, de plus en plus appréciée.

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